Présentation de la journée

ORDRES ET DESORDRES DU SEXUEL ?

Introduction

Nous considérons au CIPA que la psychanalyse est une anthropologie, aussi, prendrons-nous en compte la crise du sexuel, celle des passions humaines, à la jonction des expériences individuelle et collective. Ceci permet de concevoir la crise du sexuel au cœur de l’individu dans l’humanité ; en effet, il ne peut y avoir d’humain sans un social qui s’étaye sur les pulsions méta-anthropologiques.

Notre précédente Rencontre La Masse, le Groupe, la Singularité a ouvert un débat sur les transformations des sociétés démocratiques qui, sous les impulsions technico-scientifiques et du néo-libéralisme, ont assigné aux masses un retour au réel, à l’informe. La crise de notre société de consommation rend de plus en plus visible les désaffiliations, les processus de déliaisons, de désappartenances et d’élimination, pouvant conduire l’individu contemporain à de fortes adhésions aux nombreux phénomènes de massification venant de l’extérieur comme de lui-même lorsqu’il s’accapare le monde pour enfler son ego (La masse moïque de G. Zimra).

Penser la masse en soi en différenciant le singulier et le collectif est la tâche qui incombe à chacun, tâche toujours à accomplir pour mieux appréhender le monde et ses significations. En cela, le sexuel organise à travers les médiations un décalé entre le hors-soi et le en-soi. Ce décalé porte la trace de la différence, différence sexuelle marquée par l’entrée du rapport à l’autre représentant de l’ordre du social.

Ainsi la stabilité de l’humanité reposerait-elle sur les ordres du sexuel, « Sexe et Loi » étant indissociables. Cependant, la loi est faite pour corriger les mœurs et ses ordres renvoient à l’universel, à l’homme sensible et de raison. Le sexe est donc indissociable des normes sexuelles qui, en tant que normes, sont de nature sociale. Elles posent une limite à l’impétuosité du sexuel par la dialectique paradoxale du plaisir et de la Loi, car le sujet de l’inconscient freudien ne connaît pas de normes.

Qu’est-ce qui fait norme aujourd’hui ? Les réglementations sont constamment réécrites pour s’adapter au réel avec le risque qu’elles ne poursuivent plus une logique de l’universalité. Or, l’universalité a changé, elle n’est plus l’ensemble plus Un, régie par celui qui l’initie (la religion, l’homonisme) mais il s’agit de l’universalité qui tente de représenter l’unité avec de la multitude. En se rapprochant des citoyens, le droit se consacre plus aux droits particuliers des minorités qui revendiquent des droits spécifiques. Mieux encore dans la mondialisation globale, le discours capitaliste transforme les normes, elles deviennent plus mouvantes, au gré du repoussement toujours possible des limites.

L’humanité est donc confrontée au désordre par les transformations et les exigences des civilisations, les normes toujours à réinventer, mais aussi leurs modes. Ainsi, la notion d’égalité, en d’autres termes, de loi partagée commune à tous, est-elle le pivot des civilisations occidentales et avec elle, la notion de consentement, de respect de chacun des partenaires sexuels. Mais on peut concevoir que cette notion d’égalité a été vécue et plus ou moins pensée dans d’autres civilisations, notamment du côté des opprimé(e)s.

Les principes démocratiques d’égalité et de liberté ont déconstruit les rapports sociaux instaurés depuis des siècles sur le mode hiérarchique  domination/soumission/dépendance  et, par là-même, ont dominé légitimement la féminité.

Selon Françoise Collin, avec l’égalité des sexes, le féminisme a contesté et mis en travail l’invariant de « la différence sexuelle ». Ce mouvement a aussi mis en question non pas un des sexes mais bien le rapport entre les sexes et leurs définitions respectives. Les visées théoriques féministes ne vont pas seulement transformer les rapports de pouvoir entre sexualité et genre, mais elles ont pour ambition de transformer la société en y intégrant les avancées du féminisme pour trouver un nouvel équilibre civilisationnel. Le féminisme est une façon d’être au monde et de penser le monde et son instabilité avec des ressources cognitive et politique en dehors du phallocentrisme.

Ces avancées démocratiques bouleversent les repères anciens et l’acquisition de l’identité sexuelle. Nous sommes passés d’une société traditionnelle qui se situait autour d’une mise en conformité de l’individu avec son sexe anatomique, à une société où l’identité de genre peut se différencier du sexe anatomique. Si tout paraissait plus simple autrefois, c’était sans compter les souffrances, les ostracismes, les exclusions et les humiliations infligés à tous ceux qui n’avaient pas une identité sexuelle répondant aux exigences d’un surmoi collectif qui commandaient les idéaux du moi. Selon Henri Normand « Le genre imposait au sexe biologique une identité formelle imposée par le groupe.» Cette dépendance des individus au conformisme du groupe et leur soumission au social ont contribué à réprimer leur subjectivité.

Au XXème siècle, les avancées scientifiques et la reconnaissance de la subjectivité ont amené les médecins de la néo-natalité à ne plus imposer un « vrai » sexe masculin ou féminin, aux enfants hermaphrodites. Ces médecins se sont rapprochés des théories freudiennes et ont découvert la complexité de l’identité sexuelle. Ils ont pu écouter, alors, la subjectivité des enfants face à leur sexe « brouillé ». Dans la continuité des progrès chirurgicaux et psychologiques, des personnes transsexuelles sont venues demander de changer de sexe non pour des raisons anatomiques mais au regard de souffrances psychiques, le plus souvent intolérables, dues au désaccord profond entre leur sexe et leur identité.

Ainsi, la revendication de l’individualité s’est-elle imposée sur l’anatomie. En 1955, les travaux sur les hermaphrodites de John Money ont privilégié la subjectivité et l’éducation sur le biologique. En 1968, Robert Stoller psychiatre et psychanalyste sépare ce qui est de l’ordre du ressort biologique, de ce qui est du ressort de l’acquisition psychique.

Dans les années 1990 aux Etats Unis, le terme de Queer, fait connu au Moyen Age, puis dans la société anglaise du XVème siècle, a fait à nouveau son apparition et désigne ce qui est déviant. S’il est aussi devenu une injure, néanmoins il définit la constitution d’un sujet politique de la sexualité. La théorie du Queer s’est imprégnée de la pensée des philosophes M. Foucault, J. Derrida et G. Deleuze, théorie poststructuraliste sociopolitique. Sa critique principale dénonce l’idée que le genre et l’orientation sexuelle seraient déterminés par la génétique et y oppose l’idée que la sexualité ou le genre, masculin, féminin, ne seraient ni innés, ni figés pour l’éternité. L’historien, Thomas Laqueur démontrera le caractère construit du sexe qui s’articule avec le genre. Son invention date du XVIIIème siècle et demeure telle que la connaissons aujourd’hui.

Notre modernité s’est constituée autour de la sexualité, ce qui a mobilisé de façon transdisciplinaire : l’histoire, la philosophe, la sociologie, l’anthropologie… Ces disciplines ont questionné le corps sexué, la sexualité et la différence des sexes en les historisant.

Au XVIIème la reconnaissance de l’égalité des sexes commence à modifier la vision des corps. François Poullain de La Barre a défendu un modèle de deux sexes, ce modèle est venu entamer celui du sexe unique qui recouvrait par la domination l’autre sexe assigné à la soumission.

Puis au XVIIIème siècle se précise le modèle de la différence des sexes et le genre définira le sexe. La Révolution française institue la division sexuelle masculin/féminin en marquant les espaces : d’un côté le public et de l’autre le privé ce qui a déterminé le politique et le domestique. Les révolutionnaires ont dénoncé l’égalité des sexes de crainte qu’elle génère la confusion des sexes et ainsi le désordre.

Quant au XIXème siècle, la sexuation des espaces donnera, encore plus de consistance, aux sphères publiques et privées. C’est la conception naturaliste qui prédomine et particulièrement la naturalisation des femmes. Les discours médicaux définiront les catégories masculin/féminin pour installer un système fondé sur la différence biologique des sexes.

C’est au XXème siècle que des historiennes contemporaines et féministes, notamment, Michelle Perrot et Geneviève Fraisse, philosophe et historienne, ont contribué, après Simone de Beauvoir, à faire entrer dans l’histoire les rapports de différence entre les sexes. Elles ont reconnu l’importance de l’œuvre de Michel Foucault historisant les luttes pour le pouvoir et le contre-pouvoir. Dans son ouvrage Surveiller et punir, il introduit la dimension des rapports de sexes et dans l’Histoire sur la sexualité, contemporaine au féminisme, fait apparaître le caractère construit de la normalité hétérosexuelle.

L’approche des féministes et sociologues, Colette Guillaumin, Christine Delphy, Nicole-Claude Mathieu ont rejoint les travaux de dénaturalisation et ont concouru à désigner les rapports hommes/femmes où le genre prendra un statut théorique de construction/déconstruction des rapports sociaux au sein des sciences humaines en dehors de toute idéologie. Le concept de genre a rencontré des difficultés pour s’implanter en France, néanmoins il devenu un enjeu sociétal et culturel autant que politique sur fond d’héritage colonial et de tensions postcoloniales. La question du genre, attributs symboliques masculin et féminin, travaille à la fois les individualités et la société en profondeur, ce qui peut conduire à dénoncer l’usage de ce concept.

Les théories féministes américaines dans leurs diversités, leurs controverses et leurs excès ont déconstruit le genre et la sexualité. Gayle Rubin et Judith Butler ouvrent le concept de la différence sexuelle à un vertex politique et cognitiviste en interrogeant le « biopouvoir » du sexe, le réel dominé. Les frontières psychiques et corporelles qui contenaient jusqu’alors des situations sexuelles impensables, voire refoulées, ont rendu visible un sexuel défiant la dichotomie corps/esprit. Les diverses théories Queer viennent compliquer, complexifier la saisie de la différence sexuelle par la multitude des identités sexuelles. Puis la théorie Queer sex, allant jusqu’à l’indécidabilité des sexes, fera ensuite appel au neutre. Cette néo-réalité, au-delà du sexe, élimine le conflit psychique ; élimination qui est aussi apparue à travers l’histoire en Europe, notamment, avec le Catharisme.

Proche de la pensée de Michel Foucault, Judith Butler précise que le pouvoir et la sexualité sont coextensifs. Elle situe la sexualité de façon ontologique dans l’échange et la négociation, il s’agira de libérer la sexualité et le plaisir. J. Butler considère la différence sexuelle comme le lieu où la question de la relation du biologique au culturel se pose et se repose, mais elle ne doit pas être considérée comme un concept limite. Les dimensions psychiques, somatiques et sociales qui, à la fois ne peuvent être confondues, ne sont jamais vraiment distinctes. Ce lieu du vacillement de la différence sexuelle, considéré, alors, comme une frontière flottante, exige une reformulation qui jamais ne disparaît ni n’apparaît vraiment. Le sexe et le genre deviennent des constructions culturelles et le genre s’entend dans un discours performatif. Ce discours a la capacité de produire ce qu’il nomme et sur lequel nous pourrions agir en modifiant les assignations imposées par le pouvoir social. Les sujets sont nomades mais leur soi pour soi, au-delà des entraves du social, et leur soi politique ne les coupent-ils pas du corporel ? Le risque serait que ces sujets conscients et autonomes deviennent « flottants dans une fluidité indéterminée » selon Michelle Perrot. Néanmoins, il s’agit de penser ce nouveau sujet politique non « fondationnaliste ».

Lectrice de Freud, de Lacan, des travaux de Maria Torok, J. Butler, bien qu’elle parle peu du lien mère-enfant, interroge dans ses ouvrages la question du corps et souligne que rien ne peut être dit sans le corps. Elle fait de l’hétérosexualité un système construit sur la domination et la violence et elle déconstruit ce discours normatif par un discours-acte sur le corps. Elle dénonce la violence de l’éthique, relation morale à soi et aux autres dès qu’elle s’arroge le droit de dépasser les contextes singuliers dans lesquels se trouvent placées les vies, pour formuler des prescriptions universelles. Si le rapport à soi devient constitutif de l’impossible rapport aux autres, comment faut-il procéder dans une relation morale de soi à soi et aux autres, pour qu’elle ne lui fasse pas violence, mais prenne le soi en considération ?

La Psychanalyse s’est toujours préoccupée du sexuel en convoquant le travail en soi et la rencontre du sujet de la singularité et du social. A l’instar d’Henri Normand, nous pensons que « le débat entre psychanalyste et les Queer théoriciens peut s’engager à partir d’un objet commun que constitue la mise en perspectives des prémices de l’identité sexuelle de genre et la mise en perspective de la dimension subjective de la sexualité. »

Si masculin et féminin sont polysémiques chez Freud, les théoriciens de l’archaïque prolongent sa théorie en interrogeant ces traces de l’originaire dans le Moi. Trace d’une première représentation spéculaire psyché/monde, dualité fondamentale, antérieure à la dualité sujet/objet, elle permet d’aller à la racine du pulsionnel et par là-même de la subjectivation. Elle met en mouvement l’altérité, ceci dès l’origine de la singularité du sujet. Le corps est le témoin de ces premiers mouvements et éprouvés pictographiques. Sentir et percevoir le monde sont au fondement de la matrice des liens sociaux. C’est dans ce matériau préœdipien du lien mère-enfant que l’inconscient maternel tient une place essentielle auprès de l’enfant. Il aura donc à faire au sexuel maternel dans tous ses états.

La psychanalyse met en travail cet univers primitif où se mêlent les perceptions de l’enfant et les propres perceptions de la mère, celles de son propre corps et celles du corps de l’enfant. Il se crée une enveloppe psychocorporelle, liant le sujet au social. Elle est le soubassement de la constitution du narcissisme, socle de l’intrication et de la désintrication d’Eros et de thanatos mais aussi du sexuel.

C’est avec ces fragmentations corporelles non hiérarchisées que les pulsions, les fantasmes, les mythes s’inscriront à travers la corporéité en tentant de psychiser les antagonismes entre l’ontologie sexuelle du sujet et le corps du monde. La tâche de l’individuation est de pouvoir se dégager de ce maternel en accomplissant un travail de psychisation de ces traces corporelles, travail qui, en aucun cas, ne sera l’effacement du maternel. Ces traces, empreintes de social, de l’étranger de l’autre en soi, véhiculent de l’énigmatique. L’anticipation de la mère, son rôle de porte-parole du groupe familial et du social assignent la reconnaissance des genres. Pour la psychanalyse le genre précède la différence des sexes ce qui est à l’inverse des théories Queer.

La clinique de l’hypermodernité est au bord du corps comme de la représentation, ce qui est à entendre avant les mots, les images. Aussi l’œuvre des artistes, écrivains, poètes et cinéastes,… permet de percevoir l’indicible, l’impensable douleur d’exister. Les artistes sont des passeurs entre l’éminemment singulier et le social. Pouvoir rêver, imaginer à travers une expérience sensible, émotionnelle relancent des métaphores partageables à la source de la pensée. Ainsi, le phénomène Trans, le transsexualisme, vient-il interroger ce lieu de l’auto-identification qui est au cœur de l’identité homme ou femme. La fulgurance des métamorphoses des transsexuels brouillent la distinction habituelle entre homme et femme. Ces métamorphoses amènent-elles à sortir d’un monde binaire pour penser la complexité des identités multiples, ou l’y enferment-elles ?

Les films de Pedro Almodovar amènent constamment dans ce déplacé des frontières entre le masculin et le féminin. Les personnages ont des identités mouvantes évoluant dans un environnement bienveillant qui laisserait supposer que c’est la norme. Pour, Pascale Thibaudeau, ceci ne reflète qu’une réalité partielle de l’Espagne, qui, après avoir été « soumise à la dictature fasciste, se retrouve dans une démocratie complexe, partagée entre un libéralisme souvent volontariste et un conservatisme de droite, homophobe. » P. Almodovar est une figure de proue du mouvement foisonnant de la Movida (Libération hédoniste et artistique). Ses films montrent des personnages qui sont le plus souvent des Trans et certains acteurs le sont aussi dans leur vie privée. La question de la transsexualité est présente dans Tout sur ma mère, La loi du fils et bien d’autres encore, mais c’est La Piel que habito qui retiendra notre attention sur la question d’identité. Le personnage principal du film qui, par la passion vengeresse d’un chirurgien démiurge, sera transformé d’homme en femme, deviendra Vera, dans un corps sublime. Vera a une féroce volonté consciente qui ne cessera de clamer sa liberté ; ce mot sera écrit sur tous les murs de sa chambre. Après un long enfermement, Vera réussit à s’enfuir et retourne dans le magasin de sa mère. Son ancienne collègue l’accueille sous son enveloppe féminine. Deux mots quasi inaudibles seront prononcés par Vera « C’est moi Vicente ». De l’arrière de la boutique, arrive sa mère et leurs regards se croisent « C’est moi Vicente ». Moment d’intensité émotionnelle pour le spectateur, vacillement identitaire, Vicente a subi un abus de pouvoir en lui faisant vivre le corps d’un autre, mais rien n’a pu modifier fondamentalement sa chair, son existé.

Si aujourd’hui, la différence des sexes continue à faire penser et à penser le monde néanmoins, la complexité de l’hétérogénéité de la différence fait penser la différence sexuelle de genre. La reconnaissance d’une société différentielle permet de soulever des problèmes qui, autrefois, auraient été tabou et ainsi de lutter pour qu’à l’intérieur de la société des citoyens ne deviennent pas les figures de « l’abjection » comme d’autres au cours des siècles ont été les figures de l’oppression. Il s’agit de maintenir en éveil l’amour et le désir.

Marie-Laure Dimon

Bibliographie

Butler J. : 2012, Défaire le genre, Paris, Editions Amsterdam.

Collin F., « Féminisme- Les théories » Encyclopédie Universalis.

Normand H. : juin 2012, « Queer », Penser/rêver Revue de Psychanalyse n° 21, Paris, Editions de l’Olivier.

Perrot M. : juin 2013, « En tout genre », Catalogue Au Bazar du genre « Féminin/masculin en Méditerranée », Mucem, Editions Textuel.

Thibaudeau P. : juin 2013, « Pedro Almodovar et le mélange des genres », Catalogue Au Bazar du genre « Féminin/masculin en Méditerranée », Mucem, éditions Textuel.

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