Les débats de l’après-midi de novembre 204

 Sortir de l’aliénation des corps : quelles mutations ?

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Approcher un débat sur cette thématique du corps soulève rapidement une multitude de questions venant de tous les horizons. Lorsque la visée de notre réflexion se centre plus particulièrement le corps humain, la démarche se trouve alors radicalement transformée. Au point qu’il est possible dès ce moment de poser la question du qualificatif dans l’expression : corps humain ou humain corps, et ce qui pouvait paraître évident au départ ne l’est plus.

C’est à l’exposé du travail d’A. Le Dorze que je dois l’impulsion de ma propre quête. En ce sens, la façon dont il relate sa démarche, loin de tout dogmatisme, avec le petit recul d’un commentaire, laisse ouverte la parole de l’autre pour en alimenter le cours.

Acceptons de n’aborder cette question du corps que du côté de l’humain. Ce faisant, j’allais dire de son point de vue dans un premier temps, avec nos yeux, mais surtout avec tout ce qu’il y a derrière.

Restons du côté de cette perception de lumière qui construit une image, que cela soit banalement, ou à l’aide d’instruments (microscope, photo, radio, magnétisme). Il peut se repérer le corps de l’humain, même si quelques doutes existent parfois, notre capacité de mettre en lumière, nous permet de distinguer une espèce de mammifère.

Mais déjà si nous parlons de construction d’une image, une confusion s’installe dans un véritable capharnaüm d’images. A côté de l’image lumineuse optique reçue, nous avons vu déjà qu’elle peut aussi être construite plus ou moins (miroir etc.), il y a celle tout à fait construite par l’humain avec pour exemple la mode, l’art, et celle plus du tout optique et tout à fait construite dans le psychisme individuel, la société (justice, philosophie), voyez-vous ?

Chaque discipline paraît avoir le sien de corps, censé être le nôtre, à nous de faire face à cela. Non seulement nous est attribué ce que nous ne pouvons contester, mais encore il ne nous est attribué que dans une fonction, un but, ce qui n’est pas sans rappeler la gouvernance décrite par Foucault.

Il est que malgré ces prescriptions pourtant fort nombreuses, quelques zones échappent encore, et un quelque chose qui n’est pas une image fait retour un instant (peut être peut-on situer ici l’exposé sur le rire). Il arrive qu’on l’appelle le corps ce quelque chose. Mais ici la désignation a une autre dimension, plus profonde, plus étrangère, un corps vivant, un corps-chose qui participe de toute l’étendue de l’univers, le réel ?

A ce propos, Sami Ali[1], dans son introduction de recherche propose un approfondissement de l’expérience du corps dans sa double référence au réel et à l’imaginaire.

Il pose la question de la perception et de l’origine de la représentation : Elle vient du corps, de l’objet et des conditions spatio-temporelles de leur apparition. Fonctionnement psychosomatique, où corps réel et corps imaginaire constituent les deux extrêmes d’une oscillation. Mais pour autant le réel reste une éternelle surprise, c’est ainsi que Freud semble-t-il distinguait une méta-psychanalyse d’une philosophie (voir la position de Platon).

Dans un deuxième temps abordons la question du côté de l’humain, c’est l’ontologie qui va nous occuper. Humain témoin d’un après-coup dont nous essayons de reconstituer un parcours.

Allant de ce côté, quelques jalons de notre histoire viennent prendre place et, dans une remarque en passant, les philosophes mathématiciens n’y occupent pas la moindre, ainsi, Pythagore, Descartes, Berkeley, Turing.

A commencer par Pythagore, 570 avant J.-C, qui pour ce qui est de l’humain lui donnera une indépendance du corps : l’âme indépendante.

Ainsi peut-on voir dans le Phédon comment Platon considère le corps à l’occasion du dialogue qui s’instaure autour de Socrate attendant l’effet de la ciguë :

« Le philosophe a à se détacher du corps autant que possible, car les distractions que donne le corps gênent l’âme dans la poursuite de la vérité. »

Et pour faire écho à nos travaux précédents sur la culture j’ajouterais « le philosophe s’exerce à mourir. »

Peut-on y voir les prémices de l’idéalisme ?

Dans cette lignée platonicienne d’une activité de l’âme au contact de différents objets, l’idéalisme transcendantal d’une forme donnée a priori d’espace et de temps et d’un sujet dans la permanence des représentations (Husserl) ou d’une raison auto-engendrée affrontant l’être (Hegel).

L’idéalisme problématique de Descartes où le doute porte sur la réalité mais pas sur le cogito, ou encore l’idéalisme dogmatique de Berkeley, idéalisme empirique où tout est a posteriori, la matière devenant ainsi une fiction ontologique et où la raison n’a aucune réalité autre que celle de l’instrument d’un nominalisme du langage qui n’a rien de rationnel. Que Berkeley soit à la fois esclavagiste et protecteur des orphelins, peut susciter un questionnement justement sur un a posteriori qui serait soumis probablement à des règles aveuglantes.

Retournons vers Aristote où c’est justement le rapport au corps qui est repris, mais l’âme ici s’enracine dans la vie, l’esprit en est une qualité et notre existence se déroule sur deux plans.

Cela fera dire au Romain Juvénal dans la dixième satire ce qui sera retenu d’une citation : « mens sana in corpore sano », extrait ou plutôt reconstruction d’une demande adressée aux dieux d’un esprit saint dans un corps sain et d’une âme forte. Effet rétroactif peut-être d’un concile de Constantinople en 870 où l’esprit disparaît corps et âme. Ce réductionnisme entraînera quelques confusions entre pensée et sentiments (je pense à toi), assimilant parfois l’un à l’autre.

Pour Descartes c’est l’esprit qui retiendra l’attention dans une opposition du visible et de l’invisible d’un corps observable du dehors dans un espace et dans le temps et d’une intériorité où se loge l’invisible. Remarquons ici encore l’importance du voir, ce qui se voit et ce qui ne se voit pas, deux mondes qui résument le monde ? Cette recherche de visibilité reste toujours un axe prioritaire. Sur la relation de ces deux mondes, c’est à la transcendance qu’il convient de faire appel.

Nous ne sommes pas si éloignés avec la psyché, terme réintroduit au XIXe siècle, ni âme, ni esprit, retour à l’origine à l’avant, à Aristote : union du principe vital et du principe pensant. Avec cette notion la psychanalyse propose une modélisation d’unité élémentaire sur la base de l’instinct, de la pulsion avec sa double composante plus ou moins liée, hypothèse d’un quantum qui introduit une dimension énergétique attribut de potentialités qui en vient à concerner les deux termes et ouvre la voie d’une économie interne et d’une dynamique plus tard ouverte sur la relation. C’est à ce point, me semble-t-il, que nous pouvons examiner la proposition de Dejours[2] envisageant la psychanalyse comme vectorisation du rapport sujet/objet, établie dans un parallélisme en clivage d’un déroulement biologique ou se déploie une vectorisation d’intégration des régulations dans les relations organisme/environnement avec capitalisation de l’expérience et dans une relation évolutive mémoire stagnante/mémoire d’apprentissage. A cette occasion Dejours ajoute une remarque intéressante : peu nombreux sont ceux qui voient dans les apprentissages comportementaux (à côté des comportements innés) l’organisateur du corps biologique. C’est exploitant cette même remarque dans un autre contexte que seront tentées ultérieurement des techniques de stimulations précoces intensives chez l’enfant.

Dejours dans sa ligne épistémologique va proposer une troisième topique faisant de la constitution d’un registre libidinal psychique un détournement d’une sexualité d’autoconservation. Il pose ainsi une nouvelle fois la proposition d’un cheminement temporel de mise en place psychique (thème déjà abordé sous une autre forme, avec P. Aulagnier par exemple.)

Viennent alors occuper le devant de la scène les questions de la représentation et du langage. Ce seront d’abord les travaux de de Saussure, puis de Chomsky qui viendront retravailler cette conception de la psyché, mais aussi tout un courant fonctionnaliste et en particulier computationaliste et représentationnel qui vont restituer la problématique posant la possibilité d’états mentaux reliés entre eux par un processus de causalité, où l’approche des mathématiques peut trouver des illustrations (théorie des catastrophes de René Thom, production d’algorithmes). Toutefois cette approche ne relève pas de l’ontologie et dans la mesure où la causalité relève aussi de la matière (quelle qu’elle soit : ordinateur ou cerveau), elle se situe immanquablement du côté du matérialisme. Ces recherches se trouvent attirer les capitaux de milliardaires tel le russe D. Itskov[3].

Celui-ci se passionne pour la possibilité d’avatars par changement du support matériel de la conscience, pour atteindre à une éternité dans la machine, à condition bien sûr, changement de matière oblige je crois, de « s’intéresser à des choses plus raffinées que la nourriture, le sexe et les enfants » ?

Enfin la matérialité retrouve une place fondamentale avec la remise en question connexionniste où l’activité mentale se trouve alors rapprochée d’un traitement modulaire d’informations. Cette modularisation resitue la neurophysiologie et ses systèmes. Ainsi s’établit un schéma modulaire du traitement neurologique des informations sensorielles dans les échanges relationnels.

En témoignent les travaux de l’école polytechnique de Lausanne[4] publiés dans Current Biology. Ils montrent la nécessité de conjuguer différents sens pour établir une perception cohérente et unitaire du corps. L’introduction par expérimentation de décalages temporels ou spatiaux de sensations venant remettre en question cette perception d’unité.

Dans ce cadre, l’importance des premières relations avec la mère prennent valeur particulière dans le développement. Sur ce point des passerelles peuvent s’envisager avec la psychanalyse[5].

Nous revoici donc une nouvelle fois vers la tentation d’un matérialisme avec Damasio, mais cette théorie matérialiste décrit ce qui se passe dans le cerveau quand on est conscient, quand on perçoit, quand on imagine, quand on veut et quand on pense. Mais elle ne répond pas à toutes les questions. Pourquoi la conscience apparaît-elle ? L’âme ? L’esprit ? La théorie ne dit rien. Ce que Sperber appelle le matérialisme vide ?

A moins que ceci ne dépasse la vision d’un corps aux frontières établies avec son environnement

Il apparaît que le corps porte de l’environnement et que la relation consciente qui peut en être faite ne constituerait qu’un phénomène parmi d’autres, voire un épiphénomène avec une possibilité d’intervention a posteriori, c’est ce que me semble-t-il laisse apparaître G. Ryle [6]

A mon tour d’en proposer une illustration :

Chaque jour B. mon épouse s’informe de son poids. Pensez-vous que ce soit le poids qui l’intéresse ? Non Cela pourrait, elle monte dans les ascenseurs où il en est question.

Elle utilise un pèse-personne, la personne a-t-elle un poids ? Ce n’est pas le médecin qui le lui demande pour des motifs physiologiques, non, c’est pour garder la ligne (le code standard européen) à partir de là notre mode d’alimentation change, parfois elle a faim, cela finira par disparaître. Nous apprécions notre relation, moi, je mange avec appétit à satiété une nourriture bonne, j’ai maigri de plusieurs kilos et je me suis inquiété, je suis donc allé voir le médecin. Je n’ai rien (phrase classique).

Il est possible d’imaginer la position des spécialistes que je consulterais dans chacune des disciplines le médecin, le physiologiste, le comportementaliste, le psychanalyste etc.

Un autre exemple pourra aussi introduire à réflexion, celui de l’expérience d’un spectacle de théâtre, variations autour de La métamorphose de Kafka par Oriza Hirata. Cette fois la transformation se fait androïde avec tout le retentissement occasionné pour cette famille voulue banale, dans un contexte fin XXIe siècle. Outre les personnages populaires un peu désabusés, est décrit un contexte socio-politique incompris et hostile avec une thématique de crise, de guerre, d’immigration. Il est mis en scène chez chacun, une sœur, des parents, l’ébranlement occasionné par cette transformation qui vient s’ajouter au chaos ambiant. A noter que les figures paternelles, le père, l’autorité scientifique (le médecin) se trouvent ici bien dévalorisées par leur désarroi narcissique et leur tentative de rester accrochés à une image valorisée devenue inadéquate en la circonstance. Est-ce contemporain de la venue des Cyborgs ? La question est en suspens.

Enfin cet humanoïde est, devient l’un des personnages de cette famille. Avec le temps, comme il est de coutume aux yeux des spectateurs, ces personnages prennent vie en quelque sorte (ici le support est humain ou mécanique) et c’est bien une famille et son histoire qui semblent se dérouler sous nos yeux.

Remarquons que tout cela est structuré par le langage du script de la pièce. Ce n’est pas une pièce extraordinaire, mais le théâtre est là (ce qui peut dans un deuxième temps évoquer les masques du théâtre grec).

Sorti de la représentation il est possible de s’interroger sur le robot, qu’elle robotique ?

Est-ce un robot téléguidé par un homme qui serait en coulisse ? Le robot faisant alors figure de double ?

Est-ce un robot programmé, toutes les paroles, les gestes, les mimiques résultants du déroulement temporel d’une mémoire enregistrée ? Aux acteurs humains de se couler dans ce déroulement temporel.

Interrogé plus tard, le concepteur robotique H. Ishiguro dira que c’est cette formule qui était retenue. Il fera aussi la remarque qu’au cours des répétitions, c’est l’acteur qui a tendance à se robotiser, par perte des affects, or c’est une problématique qui se pose au robot dans la pièce.

Il n’en est pas moins vrai que ce que met en scène la machine est une mémoire « d’objets humains » le langage, les comportements, (bouche regard et aussi visage). Moyennant quoi la question de son humanité trouble, ainsi que la question symétrique de la robotisation des acteurs par le script. Et si l’humanité se logeait aussi dans les spectateurs qui regardent la scène ? A tel point que le réalisateur envisagerait de produire la pièce avec les seuls humanoïdes et que peut-être le spectateur se sentirait quand même au théâtre à regarder avec émotion se dérouler l’histoire de cette famille. Dans le fond, le livre seul ou l’histoire racontée ont bien aussi cette aptitude que ressent aussi parfois un auteur qui dira que ses héros à un moment prennent vis-à-vis de lui une certaine autonomie, ou prennent vie.

Enfin les progrès de la robotique pourraient conduire à une réalisation de la pièce hic et nunc, moins de contrainte pour les co-acteurs humains, le robot réagissant directement aux mots ou au comportement du vis-à-vis. Le concepteur d’ailleurs s’engage à réaliser une telle performance dans les prochaines années.

Dans la discussion autour de cette pièce, les participants paraissaient dans la position du commandeur, arrimés sur les notions de humain, un corps, un cerveau, et de l’autre côté, l’objet, la machine, la technique. Il apparaît alors comment cette classification devient inadéquate à rendre compte de la situation. Peut-être faut-il alors reconsidérer les positions dessinées par Simondon de l’être technique et d’une relation entre un objet porteur d’une dimension historique humaine et l’humain sous un autre angle qu’un simple rapport aux objets… naturels ? Et encore peut-être suis-je entrain de fermer artificiellement le rapport à un objet quel qu’il soit ayant crainte du retour, c’est-à-dire que l’objet entretiendrait avec l’homme un rapport qui le rendrait humain.

Eléments de discussion à la suite de l’exposé d’Aline tauzin.

Il est proposé de considérer l’exposé de A. Tauzin comme la description clinique d’une société fermée, bien que confrontée il y a longtemps à l’arrivée de l’Islam, confrontation qui amènera un nombre de modifications dans la façon de vivre.

Au moment où nous prenons l’observation, un certain nombre d’inscriptions corporelles sur le corps des femmes sont la marque du discours de cette organisation sociale et de la place du corps des femmes, il s’accompagne aussi dans l’ordre du discours d’un positionnement imaginaire de la place de femme qui prend la forme de mythes évoqués par l’intermédiaire de récit.

Le façonnage corporel porte sur l’excision du clitoris, le gavage jusqu’à l’obésité, le massage.

Dans l’imaginaire, la femme occupe une place de démone susceptible par son désir de ruiner la position masculine et l’ordre établi.

De cette situation la douleur des femmes et qui sait quoi d’autre n’est pas évoquée.

A cette situation ancienne se substitue maintenant une autre description :

Est apparue dans une approximation chronologique une sorte de nouveau façonnage du corps par la tenue vestimentaire tout d’abord, puis par l’inscription sur le corps par le henné, puis par la mobilité : l’attitude de marche change, le rapport à la musique et à la poésie aussi, enfin c’est toute la place de la femme dans cette société qui se trouve requalifiée d’autant que maintenant l’accès à l’éducation vient remanier la situation.

Il est possible de s’interroger sur les facteurs ayant conduit à une telle transformation.

Une première remarque est possible : la transformation des codes de cette culture ne paraît pas directement en rapport avec une maturation, élaboration interne qui conduirait à une transformation prenant mieux en compte le vécu des individus.

Aline Tauzin nous décrit un changement d’environnement à plusieurs niveaux me semble-il :

L’ouverture culturelle née de la décolonisation, contemporain d’une ouverture sur le monde, la radio, les journaux, l’éducation ; nous revoici sur un plan homogène : la culture change la culture.

A Tauzin ajoute un deuxième élément dont l’impact pour être certain n’en est pas pour autant spécifié ou détaillé : passage sous l’effet de la sécheresse et d’autres facteurs du nomadisme à la sédentarisation en milieu urbanisé.

C’est sur la dimension effet corporel de ces changements avec l’apparition de manifestation de l’expression secondaire sur laquelle je voudrais proposer une piste par une illustration :

Il est que la construction de l’espace chez l’enfant par exemple s’est révélée tributaire des perceptions visuelles environnantes. Chez l’enfant une étude a pu montrer la différence de ce parcours entre un enfant vivant dans un endroit de savane ou un désert avec peu de repères verticaux et un enfant élevé dans un milieu urbain où ces repères verticaux sont nombreux.

Et si ces éléments de base intervenaient dans la façon dont l’individu vient en scène ? Je veux dire par là qu’il est troublant que le changement qui se manifeste ici exprime comme point de départ une façon du corps. Comme si il lui fallait témoigner de ce changement, puis avec une possibilité de l’exprimer par des conduites, voir même par l’avènement de ressentis profonds bien que non explicites que porte l’expression musicale ou poétique, par le biais des rythmes qu’elles peuvent mobiliser.

Il n’y a aucune prétention à expliquer les mécanismes du changement, seulement celle de pointer que peuvent intervenir de façon peut être déterminante des phénomènes qui pour l’instant n’ont pas retenu notre attention.

Eléments de discussion après l’exposé d’A.-L diet.

La proposition, comme il est souligné, porte sur une interprétation réalisée à partir d’une configuration originale loin de la position de la cure, celle produite par les évocations d’un intérêt de lecture portant sur la relation d’une histoire médiatisée.

Ces lectures aboutissent à dégager un scénario de représentations mentales qui chez un analyste peut l’amener à en proposer une lecture interprétative.

La configuration retenue est celle de la construction d’une chimère dans les échanges transférentiels, elle est illustrée à partir des travaux de de M’uzan.

Il nous est apparu que dans notre étude du rapport au corps, non seulement celui-ci se fait en direct avec un vécu fantasmatique élaboré à partir de perceptions et de toute les difficultés de cette possible élaboration, mais encore il peut être agi en retour de ce vécu, devenant ainsi le lieu d’un agir performé, où c’est l’image qui serait sculptée à même le corps. Fantasmes individuels et mythes collectifs trouvant ici un terrain d’inscription.

Ce qui nous est montré est l’ébranlement du rapport concret/réel, ce qui révèle nos détours dans notre difficulté d’accès au monde.

Dans cette question du corps humain, il apparaît maintenant que l’humain ne se limite pas à son corps. Pour ce qui est du corps la limite habituellement posée par l’humain à l’enveloppe n’est certainement qu’une des propositions possibles.

M Brouta le 24 novembre 2014

[1] Sami Ali, Corps réel corps imaginaire, Bordas 1977.

[2] Christophe Dejours, Le corps entre biologie et psychanalyse, éditions Payot 1986.

[3] « M Bennets, Les avatars d’un milliardaire » le Times repris par Courrier international n°1251

[4] Le Monde : « Comment les scientifiques produisent des fantômes » Nathaniel Herzberg, 06/11/2014.

[5] Lisa Ouss, B. Golse, N. Georgieff, D. Widlocher, Vers une neuropsychanalyse ? Editions Odile Jacob 2009

[6] G. Ryle La notion d’esprit, éditions Payot, 1978, réédition 2005.

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